La PSP Go : Ni Buzz, ni go ?
Après trois modèles de PSP, Sony décide de marquer le marché du jeu vidéo par son originalité et son sens de l’anticipation. Elle avait déjà tenté ce coup de poker avec la PS3, au lancement et essor que vous connaissez. La PSP Go va tenter de proposer une nouvelle manière d’acheter et d’envisager le jeu portable. Avec sa ludothèque exclusivement en ligne, elle ne peut pas être bien accueillie par les revendeurs, c’est une évidence. L’important serait qu’elle le soit pour les joueurs. Il y a-t-il de quoi s’enthousiasmer pour cette nouvelle plate-forme ? C’est ce que vous allez voir dans les lignes qui suivent.
- Le Packaging
Comme d’habitude, Sony soigne le packaging. La boîte est sobre mais classieuse, chaque coin de la boîte étant réservé à un logo fort : Sony, Playstation, PSP, Playstation Network. Quand vous avez lu cela, vous avez tout compris à sur la portable. L’indication 16 Go laisse penser que des packs disposant d’une mémoire supérieure, ou du moins différente, sont déjà à l’étude. Mais la PSP Go doit marquer une rupture comme l’indique le numéro de série. PSP-4000 ? Non, PSP-N1004PB (auquel il vaut mieux retirer l’inquiétant « PB » de fin…). L’emballage vous rappelle aussi que la console n’accepte que les Memory Stick Micro. Il faudra donc penser à passer à la caisse pour grossir l’espace de stockage… Après avoir déjà déboursé 249€, ceci peut piquer.
Une fois le carton ouvert, l’intérieur révèle :
- 1 PSP Go (noire ou blanche)
- 1 cordon USB
- 1 transformateur
- 1 CD d’installation de l’application Media Go
- 2 Modes d’emploi (en plusieurs langues chacun)
- 1 Prospectus de publicité concernant le Playstation Network
- 1 Mise en garde rappelant qu’il est interdit d’activer le WLAN en dehors d’un bâtiment…
Après avoir fait son deuil de toute housse ou écouteurs, les joueurs doivent bien se rendre à l’évidence : Sony a soigné davantage l’emballage que le contenu. Heureusement, le premier intérêt reste la console.
- La console
La PSP Go paraît minuscule et surtout plus fragiles que ses grandes sœurs. Son écran est si foncé qu’il peut arriver de confondre l’avant et l’arrière de la console. D’autant que l’absence de boutons en façade n’aide pas à se repérer. Les boutons Wirelesss et Power n’ont pas bougé. Le port Memory Stick est toujours au même endroit, lui aussi, à la différence près qu’il est logiquement plus petit. Les enceintes de la console sont situées sur les côtés supérieurs gauches et droits de l’écran. En touchant le logo Playstation situé en bas à gauche, vous réalisez qu’il ne s’agit pas d’une simple décoration : voici la tête du nouveau bouton Home. Pourquoi pas. Monter le son se fait désormais depuis la tranche supérieure, ce qui se révèle peu pratique en cours de jeu. A noter aussi qu’il n’est pas possible de réutiliser les casques des PSP précédentes : une seule encoche est présente. Si vous ne disposez pas d’autres casques que celui vendu dans les value pack, il va falloir ressortir le portefeuille…
Une fois l’écran monté, les boutons se révèlent enfin aux yeux des joueurs un peu inquiets : c’est tout petit ! Amis aux gros doigts, tremblez (ou perdez du poids en espérant obtenir des extrémités rachitiques). Vous verrez qu’après quelques heures de jeu, vous vous y faites ; mais il ne faut pas s’étonner de pester au début. Les réflexes rappellent vite à nos mains que le stick analogique ne situe plus en dessous de la croix directionnelle. Ils sont désormais sur la même ligne horizontale, ce qui oblige à tendre le pouce pour l’utiliser. Peu pratique. A voir si au fil du temps nous nous y faisons, à l’instar des touches géométriques, mais un titre comme Brainpipe, destiné au stick, est plus agréable à la croix. Enfin, le Start et le Select, collés l’un à l’autre demandent aussi de réapprendre à les utiliser, le doigt voulant étrangement placer le Start en haut, alors qu’il en est tout autrement.
La console de Sony ne rassure pas mais ne décourage pas non plus. Son esthétique, superbe à l’image de celle de la PSP, encourage à la découvrir. Toutefois, ceci ne se fera qu’après une mise à jour, semble-t-il nécessaire à la connexion au Playstation Network ; et comme la PSP est livrée avec une batterie quasiment vide, l’inévitable passage à la prise pour recharger la console profile le bout de son museau. C’est l’occasion de se rendre compte de deux choses : la première est que le câble USB et le transformateur s’assemblent pour devenir le câble d’alimentation. Une idée toute bête mais qui évite de devoir multiplier les cordons. La seconde, tout de suite moins enthousiasmante, est la taille du câble : 1 mètre. Autant dire que la prise a intérêt à être à côté si vous jouez en même temps…
- Les jeux
Une fois la console prête, il est temps d’aller acheter les premiers jeux. La Cross Media Bar n’a pas bougé d’un iota. Vous naviguez donc en terrain connu, pour peu que vous ayez eu une PSP. Le Playstation Store est donc l’étape indispensable pour espérer jouer avec la PSP Go.
Il n’a pas foncièrement changé. Un petit menu est apparu : Minis. Ces petits jeux, moins testés que les grands, sont proposés à moindre coût (entre 2,99€ et 4,99€). Dix jeux ont répondu présents au 1er octobre :
- Hero of Sparta
- Brainpipe
- Fieldrunners
- Funky Punch
- Pinball Fantaisies
- Kahoots
- Bloons
- Vempire
- Puzzle Scape
- Tetris
Des offres PSP Go tapissent également la boutique. Quelles sont-elles ?
- La PSP Go ne disposant plus de port UMD, Sony propose aux possesseurs de PSP de télécharger gratuitement 3 jeux parmi une liste de 17 titres. La liste, la voici :
- Buzz ! Brain Twister
- Buzz ! Master Quiz
- Daxter
- echochrome
- Everybody’s Golf
- Killzone: Liberation
- Lemmings
- LocoRoco
- MediEvil: Resurrection
- Patapon
- Pursuit Force: Extreme Justice
- Ratchet & Clank: La taille ça compte
- Resistance: Retribution
- SOCOM U.S. Navy SEALs: Fireteam Bravo
- Syphon Filter: Dark Mirror
- Syphon Filter: Logan’s Shadow
- WipEout Pure
Arrive la partie peu claire du didacticiel de Sony : il faut se connecter au store une première fois avec sa PSP Go pour y enregistrer sa console. Elle sera alors liée au compte avec lequel vous vous êtes connecté. Ensuite, vous vous y connectez avec votre ancienne PSP, en ayant mis au préalable l’UMD d’un des jeux cités dedans. Vous pouvez alors enregistrer votre jeu, qui n’est pas enregistré en tant que « Daxter » ou « Patapon » mais en tant que « jeu UMD ». Vous devez alors vous reconnecter avec votre PSP Go pour télécharger un thème nouvellement débloqué. Une fois ceci fait, Sony doit vous envoyer dans le mois – je l’ai reçu au bout d’une journée – un mail vous donnant accès au téléchargement à 3 titres parmi ladite liste. Qu’importe le titre que vous avez enregistré, vous pouvez prendre les trois de votre choix. Profitez-en donc pour compléter votre collection et découvrir de nouvelles bombes, car il faut reconnaître que vous auriez pu tomber sur pire.
- L’autre offre, qui paraîtra plus alléchante pour beaucoup, est la possibilité de télécharger gratuitement Grand Turismo PSP. Pour cela, il suffit de récupérer le thème associé sur le PSN et attendre, à nouveau, un mail dans un délai similaire à celui de la première offre.
Si Gran Turismo fera plaisir à beaucoup, il aurait été légitime de penser que Sony ferait un plus grand geste pour les anciens possesseurs de PSP. D’autant qu’il ne serait pas étonnant que ceux-ci aient vendu leur première console pour acquérir la Go ; et dans ce cas, ils peuvent repasser à la caisse pour retrouver leurs anciens jeux.
Mais il serait temps de tester cette nouvelle portable. Au tour de la carte bancaire d’entrer en jeu. C’est ainsi qu’il a bien fallu trancher dans le catalogue. Les élus sont :
- Pour les jeux PSP : Stateshift et Thexder Neo
- Pour les jeux PSOne : La petite Sirène 2 (Chuuuuut)
- Pour les minis : Hero of Sparta Brainpipe et FieldRunners
La PSP Go étant intrinsèquement une PSP, les performances sur les jeux sont rigoureusement les mêmes, à ceci près que l’écran est un chouïa plus petit. Mais à moins d’être un maniaque, la différence, en cours de jeu, n’est absolument pas flagrante : la visibilité est toujours aussi bonne qu’avant. Par contre, après une intensive session de jeu, le changement d’épaisseur se fait clairement sentir au niveau de la prise en main. Ne serrez surtout pas votre console trop intensément sous peine d’en avoir quelques séquelles Montrer ▼
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Premières impressions quant aux Minis :
Hero of Sparta :
Seul titre d’aventure proposé lors du lancement, Hero of Sparta a l’espoir de nombreux joueurs sur ses épaules. En tant que seul représentant de cette caste et surtout de celle des Minis entièrement en 3D, il doit faire bonne figure. Les joueurs sur iPhone le connaissent cependant déjà puisqu’il s’agit d’un transfuge. Il en résulte un jeu au frame rate assez poussif. Si les scènes cinématiques, en synthèse, et les graphismes sont tout à fait honnêtes, l’animation coince un peu.

La finesse à l'état pur
Les premiers affrontements se font dans la douleur. Bien vite, vous prenez le pli, vous vous habituez à l’affichage et la navigation peut se faire… bien qu’il y ait tout de même des soucis d’imprécision. Il est parfois difficile de toucher les ennemis, non pas qu’ils soient retors, non, tout simplement car la perspective et les directions ne font pas forcément bon ménage : le personnage ayant tendance à se bloquer ou à refuser d’avancer dans certaines conditions, ce qui, dans une mêlée, est problématique. Il vous arrive donc de prendre des coups alors que vous demandiez, depuis un moment, à votre personnage de s’éloigner. Le niveau, relativement relevé du mode normal, n’aide d’ailleurs pas à progresser. Mais malgré ces défauts, Hero of Sparta est un soft attachant, pour que vous soyez sensible à l’ambiance gréco-romaine. Croisement entre God of War et Conan, Hero of Sparta peut faire passer de bons moments, il demande toutefois d’avancer davantage dans l’aventure pour confirmer cela. Pour 4,99€, le jeu est sympathique, ses défauts se pardonnant plus aisément. Evidemment, parmi le catalogue de lancement, il est de loin le plus impressionnant (à première vue) et celui qui mérite vos faveurs.

Brainpipe :
Hero of Sparta est peut-être le plus impressionnant mais Brainpipe est le plus sidérant des titres du catalogue. Pas d’intrigue, pas de personnage, pas de fabuleux décors, pas de maniabilité recherchée, juste un principe génial : vous foncez à toute vitesse dans un tunnel. Il faut éviter les obstacles et récupérer des symboles pour améliorer votre score, tandis que le décor ne cesse de changer de teintes simulant le mouvement. Seules les directions sont employées : aucune autre touche n’est mise à contribution.

Le tunnel change de teinte au fur et à mesure de la progression
Au départ, l’impression de voir une fusion entre The Descent, Tunnel B1 et le vortex de Stargate prédomine avant de comprendre que jouer à Brainpipe est une véritable expérience, aussi bien visuelle qu’auditive. La bande son permet de vous immerger dans le tunnel et le sentiment de claustrophobie qui s’en ressent est saisissant. Le fait que vous déambulez en vue interne continue d’accentuer ce sentiment d’être « dedans ». Les niveaux défilent au gré de votre avancée. Brainpipe est un soft de scoring, pur et dur. Si 4,99€ peut paraître cher pour la traversée d’un tunnel, je vous garantis que le moment mérite d’être vécu. A noter que Brainpipe existe également en téléchargement sur PC.

Fieldrunners :
Fieldrunners est un tower defense tout ce qu’il y a de plus classique ; à la différence près qu’il a été pensé pour iPhone. Ceci sous-entend une interface épurée et donc claire. Il n’y a pas grand-chose à retenir : 4 possibilités de bâtiments, un curseur pour les placer et c’est parti. Sans être beau, Fieldrunners n’est pas laid : il est neutre. Sa réalisation n’éclabousse pas vos yeux de superbes effets et fait le strict minimum ; ce qui tombe bien car c’est ce qu’il faut pour un titre du genre.

Première map et déjà ça fuse dans tous les sens
Il propose plusieurs terrains. Pour l’heure, je n’ai fait qu’une partie, qui s’est achevée à la trente huitième vague d’ennemis. Je ne les ai pas vues passées. C’est bon signe. Un bon investissement si vous désirez passer un bon moment, le soir avant d’aller vous coucher. En tout cas, le titre connait un certain succès sur iPhone et vous comprendrez pourquoi grâce à cette version PSP.

- Conclusion
Les points positifs :
- L’espace de stockage
- Le design
- Le soutien que Sony apporte à sa console : elle veut réellement l’imposer
- Les fonctionnalités multimédia déjà présentes chez la PSP
- Gran Turismo gratuit pour les premiers acheteurs
Les points négatifs :
- Une prise en main qui pourra en rebuter
- Le prix de la console
- Devoir sortir le portefeuille pour tout (jeux et accessoires)
- L’impossibilité de jouer à ses anciens jeux PSP
Même si l’on peut comprendre que Sony ait dû considérablement augmenter le prix pour que les enseignes acceptent de la vendre (en augmentant leur marge), il faut reconnaître que le tarif est salé. D’autant que la console ne révolutionne pas grand-chose à l’heure actuelle. Il est évident que Sony a vu sur le long terme en prenant le parti pris de la dématérialisation. Seul souci : le prix des titres sur le PSN. Si les Minis et les PS One Classics sont vendus à des prix inférieurs à 10€, ceux issus de la ludothèque PSP sont identiques aux versions en boîte. Le joueur, après avoir déboursé pour la console, tire une fois encore la langue quant il s’agit d’en profiter. Comme lors du lancement de la PS3, Sony mise encore et toujours sur une caste de passionnés pour vendre sa console. Il va donc être urgent de rendre l’offre un peu plus alléchante qu’elle ne l’est actuellement si elle désire vendre sa console et changer les esprits. En attendant, la PSP Go est et restera un superbe objet, qu’il faut bichonner – les empruntes de doigts prenant un malin plaisir à rester bien plus qu’avant – et qui offre de sacrées perspectives. Une console prometteuse.
Si vous désirez voir ce que donne le modèle blanc, je vous invite à lire le très bon article de Zero Hermit !
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